Service d'Etude et de Prévention du Tabagisme

 

   

                                                                                                                                                                                                

 

 

2. DEPUIS LA RENTREE 2006, PLUS QUESTION DE FUMER A L'ECOLE

Tout est réglé, dès lors...

QUE PEUT encore FAIRE LE SEPT A L'ECOLE !?

  • Aider les adolescents piégés par la dépendance
  • Améliorer les stratégies de prévention déployées dans l'école
  • Y former des acteurs et vitaliser des projets santé conformes à l'esprit PSE

 

Au niveau de l'enseignement secondaire

 

*Journées pédagogiques et formation continue des acteurs scolaires :

En termes de contenus, la formation portera sur :

    • Les notions-clés de la tabacologie : épidémiologie ; dépendance et dangerosité ; marketing ; aide au fumeur (mise en projet, traitements, référence ou modèle transthéorique)
    • Les enjeux du passage adolescent ; les comportements à risque ou la question de l'ordalie
    • La prévention du comportement tabagique : aspects méthodologiques
    • Une articulation tabagisme / assuétudes et la référence à la promotion de la santé
    • L'animation, l'aide en groupe ouvert, les ressorts de l'entraide & la circulation de la parole

*Coaching et développement de projets santé

*Travail de première ligne :

  • Animation de classes et de projets (prévention),
  • Co animation de groupes de parole (aide aux fumeurs),
  • Conférences-animation (parents d'élèves, ados),
  • Travail en ateliers lors de Journées Santé

Méthodes actives : mise en projet des élèves, enquête et réflexion, documentaires, débats, recherche et traitement de l'information, développement des références, rhétorique publicitaire et conception de messages...

 

Au niveau de l'enseignement supérieur ou de promotion sociale

 

* Travail de première ligne auprès des étudiants normaliens, de nursing, éducateurs ou futurs médecins

Formation continue des acteurs scolaires :

Contenus / référents : psychologie clinique et sociale, tabacologie : l'aide aux fumeurs ; la méthodologie de la prévention : la promotion de la santé, l'adolescence et la question des limites ; la gestion de projets santé la dynamique de groupe et l'animation ; la rhétorique de l'image...

- Journées de réflexion, développement des compétences :

anticipation des rôles et de l'investissement professionnels / mise en projet personnel

- Conférences-animations, travail en ateliers

*Coaching et développement de projets santé

 

Au niveau de l'enseignement fondamental (primaire)

 

*Journées pédagogiques et formation continue des acteurs scolaires :

*Coaching et développement de projets santé / bien-être à l'école

*Travail de première ligne : animation de classes et de projets

 

L'aide aux jeunes fumeurs à l'école :

l'intérêt de l'entraide

et la formation des relais scolaires

 

Les dispositions qu'ont arrêtées le Gouvernement Fédéral et puis celui de la Communauté française en 2006 ont profondément bouleversé la vie du fumeur, confronté sans transition particulière à la dénormalisation du comportement tabagique.

 

Il ne suffit pas, toutefois, de vouloir, il ne suffit pas de légiférer, dès lors que le fumeur est dépendant : la volonté qui s'impose alors au fumeur ne sera pas la bonne et qu'il soit parfois de mauvaise volonté n'a rien d'imprévisible ou d'aberrant. Le désir d'arrêt s'appuiera sur des leviers personnels, envie, projet, sentiment d'efficacité personnelle.

 

Si, dans nos clichés, le toxicomane est dans un état second lorsqu'il est, dit-on, sous influence, un fumeur est moins réceptif ou connaît ce décalage avec la réalité quand justement sévit le manque (après deux heures ou parfois moins) : c'est dire qu'un élève en manque est un élève irritable ou dissipé.

 

La question du manque est éclairée par la pharmacodépendance et largement contre-éclairée par les dimensions comportementales et psychosociales du rapport à la cigarette. Ecrasée dans le cendrier, laissée pour morte au pavé, la cigarette, au fond, se rallume à nos désirs, à ce qui nous enflamme, à nos manques, à nos détresses, et qu'elle soit la dernière ne peut, sans dommage ou sans mal, se décider pour le fumeur, à sa place. Il importe aussi que le fumeur consente au projet de s'en passer, pour qu'il puisse un jour consentir au manque...

 

Un travail accompli dans ce contexte inédit (sous la contraint officielle) au sein de l'école ou grâce à l'école peut apporter beaucoup de choses au fumeur adolescent qui serait déjà fortement dépendant. Cet investissement, dans un premier temps, va supporter l'adhésion du public et sa motivation, le développement de ses moyens face au manque et soutenir sa mise en projet (vers l'arrêt complet, sinon vers la réduction, le contrôle). Dans la phase ultérieure, l'accompagnement doit soutenir le sevrage et consolider la démarche à moyen sinon donc à long terme.

 

Il semble opportun qu'au-delà du coaching ou des conseils avisés d'une infirmière ou d'un médecin, d'un psychologue ou d'un expert en tabacologie, l'école appuie l'accompagnement sur la dynamique de groupe (où se conjugueront les bienfaits de la parole et de l'entraide), au gré de séances ouvertes aux jeunes aussi régulièrement que possible... On peu, dès à présent, puiser de l'inspiration dans l'expérience de plusieurs écoles ayant jeté les bases de ce travail avec nous.

 

Le Service d'Etude et de Prévention du Tabagisme (une émanation du Service de Psychologie sociale de l'Université de Mons-Hainaut) dispose d'une importante expérience de terrain : le travail de prévention, le suivi de fumeurs dans un cadre individuel ou collectif, la gestion de groupes de sevrage en entreprise ou l'animation du projet wallon visant l'éclosion de groupes de parole ouverts aux fumeurs comme au consommateurs en intention d'arrêt...

 

La dénormalisation du comportement tabagique

 

Au-delà du sens commun qu'on va lui donner de prime abord, la dénormalisation revêt une acceptation relativement précise auprès de nos amis préventeurs.

 

Cigarette ? Installé dans le champ social comme un geste usuel et, dans l'imaginaire de l'adolescent, comme un symbole (assurance, émancipation, puissance...), alors même que la médecine aura, cinq décennies durant, minutieusement démontré sa nocivité, le comportement tabagique ou la cigarette a longtemps résisté sans faiblir aux campagnes, aux dispositions légales ou préventives. Elle aura même élargi son rayonnement grâce à des stratégies de marketing originales, au chantage, à la corruption, grâce à la manipulation de l'opinion, du consommateur et du produit : mystification des produits filtrés, lights ou mentholés ; dénégation du lien de causalité, mais aussi de la dangerosité pour le non-fumeur ; dénégation du caractère addictif (ô combien !) de la nicotine et dénégation de la cible essentiellement juvénile ou puérile des budgets pharaoniques investis pour augmenter ses parts de marché...

 

Les préventeurs américains soulignent aussi, depuis des années, l'importance qu'auront désormais les investissements de prévention consacrés à la mise en évidence de cet engagement quasi-mafieux de l'industrie du tabac dans la voie lucrative et d'un cynisme effarant : celui d'un mass killer.

 

Dénormaliser le tabac, ce n'est pas s'en prendre au fumeur : il n'est pas ce pollueur impénitent, cet inconscient criminel, pas davantage un suicidaire qui ruine, en passant, l'INAMI... Car le fumeur est évidemment la première victime et quasi toujours mineur et démuni quand se noue ce lien qui deviendra maladif au tabac. Pour dénormaliser le comportement tabagique, il s'agit de pointer l'index, enfin, résolument, vers l'industrie de la cigarette, afin d'éclairer l'usager, le jeune aussi quant à ses manipulations modernes et passées.

Pour dénoncer le crime impuni qui perdure et qui prend pour cible aujourd'hui les nations déshéritées.

 

 

 

 

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