Service d'Etude et de Prévention du Tabagisme

 

   

                                                                                                                                                                                    

 

LE 31 MAI 2009

JOURNEE MONDIALE SANS TABAC 

 

DE LA SENSIBILISATION DU GRAND PUBLIC

  A L’ACCOMPAGNEMENT DU SEVRAGE

 

François Dekeyser

Service d’Etude et de Prévention du Tabagisme

 

DOSSIER DE PRESSE

 

LE 31 MAI, c’est la JOURNEE MONDIALE SANS TABAC 

Chaque année pour la circonstance, un thème est privilégié par l’Organisation Mondiale de la Santé, qui traduit le vœu de mobiliser partout l’opinion publique et de venir en aide à des millions de fumeurs mal protégés par des lois restées frileuses…

L’enjeu ?  Combattre avec une efficacité croissante la première cause évitable de mortalité prématurée, la puissante et machiavélique industrie du tabac…  Car ce mass killer fait plus de cinq millions de victimes à travers le monde...  Chaque année.

 

En deux mois, la grippe mexicaine a défrayé la chronique et mis le monde en émoi par sa nature épidémique ou pandémique : une évolution planétaire incontrôlable et semant la mort au fil des contaminations ? 

Le mot s’appliquera donc, avec un égal bonheur, à la prolifération du comportement tabagique affectant les pays sous-developpés non moins que nos contrées nanties.  La contagion touche avant tout les adolescents : l’imitation (les parents, les copains) mais aussi l’imagerie publicitaire accordent à la cigarette une aura symbolique, avant que la dépendance et le manque avéré ne suffisent à justifier la consommation journalière.

Cinquante pour cent des fumeurs en décèdent, au bout du compte : emphysème ou thrombose, infar’, cancers...  Dix ans d’espérance de vie partent en fumée chez les consommateurs piégés par l’assuétude, un produit qu’ils paient de plus en plus cher et qui vous prend tout : le parfum, la forme et la santé…  La jeunesse et la vie.

EN 2009, l’OMS a choisi de valoriser les avertissements diversifiés que viennent imager des visuels interpellant douloureusement le fumeur (dégâts pulmonaires, impuissance, effets sur l’entourage, addiction…). 

La Belgique n’est pas à la traîne, à cet égard : elle a, depuis des années, dénaturé les paquets de cigarettes au moyen de mises en garde infiniment plus visibles et percutantes, en effet, que les slogans déclinés dans les trois langues nationales en petits caractères.  Souvenirs, souvenirs…

De plus en plus de gouvernements ripostent à la sophistication des stratégies publicitaires en exigeant que les paquets de tabac deviennent aussi les premiers supports de la prévention pour dénoncer, de manière explicite et renouvelée, tous les dangers du produit.  C’est l’un des investissements recommandés par la convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac, dans la mesure où la stratégie, peu coûteuse, est présentée comme efficace et peut sauver des vies.

 

S’il est prouvé que les avertissements sanitaires soutenus par l’image augmentent, auprès du fumeur, le désir d’arrêt[1] (cependant qu’ils ternissent utilement l’esthétique et l’attrait des paquets pour ceux qui ne sont pas encore dépendants), quatre-vingt-dix pour cent des consommateurs ou des adolescents vivent au sein de pays qui n'ont pas encore adoptés ces mises en garde illustrées sur les paquets de tabac.

Plus ou moins conscients de sa nocivité, la plupart édulcorent, minimisent ou même ignorent le caractère addictif de la nicotine et la diversité mais aussi l’ampleur des méfaits de la fumée.  Nous devons égaliser les chances et porter secours aux cibles aujourd’hui mises en joue par les cigarettiers.  Lorsqu’ils sont illustrés, les avertissements sanitaires font passer plus directement le message et toucheront les publics illettrés. 

L’industrie du tabac dépense, avec beaucoup de cynisme et de génie souvent, des millions de dollars en vue de conserver son business ou, mieux, de l’étendre aux populations les moins sereines : aux minorités que le tabac fait rêver, dans les pays pauvres ou dans les rues de l’indifférence et, toujours plus jeunes, aux mineurs d’âges.  Un enjeu parallèle est défini par les consommateurs ambivalents dont il faut resserrer les chaînes et qu’importent, au fond, qu’ils n’en sortent pas vivants : le mensonge et la désinformation quant aux légères, aux lights n’ont servi qu’à retarder la prise de conscience de nos concitoyens depuis les années cinquante…

 

Un fumeur averti…

 

Afin de recentrer le propos de la Journée mondiale sans tabac sur nos réalités belges, européennes ou communautaires, je retiens quant à moi la difficulté majeure à toucher les fumeurs dépendants mais aussi la jeunesse, au-delà de flashes et d’images édifiantes ou… qu’ils défient, de sèche en sèche… 

 

Encore faut-il écourter les années d’inertie qui préjudicient le consommateur averti : le projet d’arrêt qui très vite apparaît chez le fumeur (au nom de ses peurs ou des coûts, de la méforme affichée, de l’odeur ou de la toux), malheureusement, n’est pas acté, vécu trop souvent comme impossible ou redoutable.

 

Aussi les professionnels mobilisés par l’aide aux fumeurs (médecins généralistes, infirmiers, tabacologues…) ont-ils à déployer des stratégies de rencontre et de mise en projet pour ces patients trop patients.  Le chaînon manquant vient soigner l’articulation qui défaille entre investissements de sensibilisation (campagnes) et consultations professionnalisées visant l’accompagnement du sevrage.

 

Au SEPT, avec l’appui de la Région Wallonne, une équipe a développé des modules et des modèles utiles aux professionnels comme aux publics fumeurs, au bénéfice des populations fragilisées mais aussi dans les écoles et dans les entreprises.  Partout, la perspective est d’accompagner des personnes, au départ assez peu motivées ou peu confiantes en elles, en vue de mieux gérer leur dépendance ou de préfacer le sevrage : un travail qui s’appuie sur la dynamique de groupe et sur tous les ressorts de la psychologie, de sorte à permettre à chacun (jeune adolescent, travailleur, allocataire social ou personne en formation) d’élaborer son projet dans un climat de confiance, en développant les ressources et la motivation qui lui feraient défaut.

 

Ceux qui mettent en question leur tabagisme auront l’occasion de profiter, chez nous, d’un suivi professionnel (individuel ou de groupe) et d’un environnement de qualité : ce qui vous a parfois manqué pour vous défaire de la cigarette… 

 

Venez rejoindre un mardi soir, à 18 heures précises, le groupe de parole réservé aux fumeurs qui désirent évoquer leur dépendance afin de préparer posément l’arrêt.

Le dispositif s’inscrit dans le programme fédéral SPORT & TABAC dynamisé par le FARES (www.sportsanstabac.be). 

Juste avant les vacances… au cours desquelles vous aurez tout loisir de consolider la démarche.  Alors, serait-ce, à vos yeux, le bon moment pour ce défi ?

 

Renseignements et inscriptions :

► Secrétariat du SEPT (Madame Buelens) :     065 317 377 / email@sept.be

Le SEPT est situé rue des Arbalestriers, n° 16, à Mons

 



[1]Des enquêtes ont montré que, majoritairement (les chiffres évidemment fluctuent suivant les pays), les fumeurs se déclarent affectés par ces messages (intention d’arrêt plus concrète ou considération plus aigüe des effets morbides.

 

 

SEPT asbl © 2009 • Privacy Policy • Terms Of Use