Service d'Etude et de Prévention du Tabagisme

 

   

                                                                                                                                                                                                 

 

12. CONFERENCE ILLUSTREE ADO &TABAC

 

Jeunes, enseignants, parents...          Mieux connaître un phénomène irrationnel, une étrange et banale épidémie, réfléchir ensemble aux façons de signaler ce piège aux plus jeunes

 

Jeunesse et passage au tabac :

les enjeux réels et symboliques

 

Animation - conférence illustrée

 

la promotion de la santé face à l'imaginaire cultivé par l'industrie du tabac

 

Fumeurs ou pas, les parents peuvent, un jour, douloureusement s'interroger sur l'adhésion d'un jeune au tabac. Certes, il est banal d'en faire l'expérience, à l'heure où la puberté cherche un exutoire, un signal, un affrontement symbolique.

 

La cigarette est, pour de si nombreux mineurs d'âge - à ce point nombreux qu'ils n'atteignent ainsi... la majorité -, l'artifice ou l'instrument qui va leur donner l'air (ténébreux, viril ou sexy, déluré, cool) auquel on aspire à douze ans...

 

Quatre ou cinq ans plus tard, le cap est dépassé ; vaincue, l'épreuve initiatique ; effacées, la grimace et la douleur que faisaient naître en soi les gaz irritants, la pollution déferlante inhalée par défi : plus besoin de la cigarette, alors qu'on a mûri, mieux dans sa peau déboutonnée...

Peu de fumeurs commencent après dix-huit ans : c'est vrai qu'on a moins besoin d'avoir l'air (cool ou clever, intelligent, sûr de soi...) quand, fille ou garçon, moins composé, plus convaincant, moins fragile, on s'est approché d'un rayonnement de jeune adulte ou parfois d'un certain idéal.

 

On pourrait se passer de la cigarette, à cet âge... au plan du look en tous cas. Mais devenu dépendant, le jeune a désormais besoin de fumer, besoin de nicotine : il ne peut s'en priver sans faire l'épreuve du manque. Et la dépendance, au-delà du lien pharmacologique, aura des ressorts comportementaux, symboliques et sociaux. Bien souvent conscient d'avoir un problème avec la cigarette, il nous renvoie quand même aux calendes : "j'arrêterai quand j'aurai des gosses...". Par exemple.

 

A présent que la cigarette est réputée nocive, et dénormalisé le comportement tabagique, il est difficile aux parents de rester sereins quand l'enfant se met à fumer. Comment ne pas admettre un élan de curiosité vers un objet qui ne tuera jamais sur le coup l'adolescent ?

 

La problématique est inhérente à l'itération : le geste est répété, les contextes où la cigarette est consommée prolifèrent et l'accoutumance est très vite au rendez-vous. Le danger réside en ce glissement, de l'innocente expérience au tabagisme installé, régulier, qui déjoue tout contrôle aussitôt que l'accoutumance enlève au jeune une autorité sur la consommation. Dans ces conditions, le tabagisme ôtera quinze années de vie à la moitié des consommateurs... Et la peur qu'inspire aux parents le tabac trouve absolument sa légitimité.

 

Mais la peur aveugle et peut nuire au climat de la relation. Car il ne suffit pas d'évoquer les dommages et la mortalité, les conséquences imputables au tabagisme. Au fond, sa réalité n'atteint pas la jeunesse. Interpellant nos limites - humaines et tant parentales (ou morales) que réelles ou physiques, l'adolescent ne s'éprend de la cigarette, on l'a dit, que pour sa vertu symbolique.

 

Il s'agira de permettre à deux générations de se rencontrer, de se parler sur un terrain qui prenne en considération les deux niveaux, du symbolique (émancipation, puissance, enjeux prométhéens, maîtrise...) et du réel (organique et morbide, physiologique ou biochimique en rapport avec l'empoisonnement tabagique)... Mission pas toujours possible au sein de la maisonnée. Mais la communauté soutiendra la famille, sur un versant politique, en dénormalisant le tabagisme et, via l'école, en étoffant les repères cognitifs et le questionnement du jeune adolescent...

 

 

 

 

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