3. LA DENORMALISATION
Un contexte inédit - sociopolitique -, influence aujourd'hui la rencontre et la mise en projet des publics cibles : en raison de la dénormalisation du tabagisme, il s'agit d'aménager les stratégies de l'aide aux fumeurs (au travail, à l'école) et d'y renouveler nos investissements relatifs à la prévention ...
Le tabagisme est, de nos jours, nettement dénormalisé : la pression que subit le fumeur de façon récurrente et quasi partout, le fait de pointer son comportement comme anormal ou, du moins, n'allant pas de soi, la majoration du prix, l'interdiction de vente aux moins de 16 ans, l'interdiction de fumer qui se généralise en divers contextes (au restaurant comme au sein des transports en commun ; depuis la rentrée 2006, à l'école, ainsi qu'au travail dès le premier janvier de la même année...), tous ces paramètres influencent à la fois les représentations du grand public et de la jeunesse à l'égard des comportements tabagiques : un tel contexte induit cycliquement, chez le fumeur, une envie de se défaire du tabac (puisqu'il est vécu désormais comme en problème)... et peut cependant renforcer les défenses et l'inertie du consommateur : " C'est mon problème... Alors, fichez-moi la paix !".
Nous devrons à l'école soutenir et légitimer l'interdiction, de manière à ce que les jeunes adhèrent à l'injonction, la comprennent et l'intègrent. "Au nom de la loi" : depuis quand cet argument suffirait-il aux yeux de l'adolescent ?
Qu'aurions-nous gagné, d'ailleurs, si l'adolescent devait, au lieu du rituel tabagique (à vertu sociale, anti-stress ou libertaire), investir un nouvel exutoire, un nouveau symbole, un nouveau psychotrope ou de nouveaux risques, y cherchant ses limites ?
Pour l'école et pour tout ce qui touche à la promotion de la santé, nous considérons qu'il est facile et judicieux de questionner la dépendance et le risque ou le projet de vie du jeune, au départ de la problématique du tabac.
Ne laissons pas cette occasion passer : nous avons les moyens de généraliser des modules efficaces, appréciés par les ados, participatifs et couronnés par la valorisation personnelle et par des apprentissages utilement décloisonnés. Ces modules n'ont rien d'extra-scolaires, conformes au développement d'acquis généralisables et de compétences autant que de savoir-être...
On peut considérer que le premier degré du secondaire est le créneau le plus adéquat pour cet investissement pédagogique.
Aussitôt qu'il est dépendant (six mois suffisent, en général, pour glisser de la consommation très occasionnelle à des besoins quotidiens, croissant avec l'accoutumance) un fumeur est placé dans un schéma d'injonction paradoxale : deux contraintes exercent en effet sur lui des pressions conflictuelles :
"Arrête !" ou du moins "ne fume pas", (c'est l'injonction décrétale ou décrétée par l'adulte), alors même que s'adressent à lui, plus d'une envie, le besoin de nicotine et les signaux de la dépendance : "Allez, fume !".
En difficulté, ces jeunes ont besoin de notre aide et c'est pour eux que nous organisons des groupes de parole au sein des établissements secondaires, inspirés par le dispositif adopté au travail ou dans les filières de pré qualification professionnelle ou de l'action sociale : un programme actuellement soutenu par la Région Wallonne.
Assumée par le SEPT, l'offre aux écoles est diversifiée largement, du coaching à la formation (conférences ou journées pédagogiques) : animations, débats, soutien de projet : groupes de parole...
En dehors de l'école (et, soit dit en passant, des mouvements de jeunesse où nous formons des animateurs), un vecteur important pour la prévention va trouver place en milieu sportif ; et s'adresse au jeune adolescent : de façon préférentielle à cet âge où pourront malheureusement débuter les "carrières tabagiques" à 13 ou 14 ans. Le SEPT a voulu devenir le sponsor maillot de footballeurs, en catégorie cadets, pour démontrer que les jeunes ont, dans le concert de la prévention, non pas la vocation d'obéir ou de se ranger mais un rôle actif : celui d'ambassadeurs. Le SEPT, afin de soutenir l'interdiction de fumer dans les buvettes, effective en "l'année 7", a choisi de passer par des jeunes en marquant la confiance et l'espoir des spécialistes en eux : dans leur jugement, dans leur potentiel face au fléau de santé publique et face à l'ennemi du sportif.
Le SEPT (Service d'Etude et de Prévention du Tabagisme) est une asbl adossée au Centre d'Aide aux Fumeurs de l'Université de Mons-Hainaut (fondé en 1985): une émanation du Service de psychologie sociale de l'UMH qui vit se développer les premiers travaux relatifs à l'aide au fumeur autant qu'à la méthodologie de la prévention.
Vous trouverez le SEPT, ses bureaux, le siège administratif et la consultation de ses tabacologues, à la rue des Arbalestriers 16 à 7000 MONS (près du nouveau Palais de Justice) - Téléphone : 065 317 377 - courriel : email@sept.be - web site : www.sept.be
Le Service d'Etude et de Prévention du tabagisme est membre du Comité de Pilotage du Plan Wallon sans Tabac
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